Anécdotes sur ‘Umar Ibn ‘Abd al-‘Azîz que Dieu lui accorde sa grâce
Abû al-Fath Muhammad Ibn ‘Abd al-Bâqî, suivant une chaîne de garants remontant à ‘Atâ, a dit : « Après la mort de ‘Umar Ibn ‘bd al-‘Aziz, je suis allé rendre visite à Fatima Bin ‘Abd al-Mulk. Je lui ai dit :
O fille de ‘bd al-Mulk, donne moi des informations sur l’Emir des croyants !
Je le ferai, mais je ne l’aurai pas fait s’il était encore vivant. ‘Umar (ra) était entièrement dévoué aux gens, corps et âme. Chaque jour, il se consacrait à leurs affaires. Si, au soir, il n’arrivait pas à les résoudre entièrement, il poursuivait tard dans la nuit les affaires en suspens. Puis, demandait une lampe à huile qu’il avait achetée de ses propres deniers. Après quoi, il se levait et accomplissait deux génuflexions de prière. Ensuite, il posait sa tête sur ses mains et sanglotait ; les larmes coulaient sur ses joues.
Il était si épuisé que son cœur se fendait de fatigue. Il demeurait dans cette position jusqu’au lever du jour, tout en étant à jeun. Je me suis approché de lui et que lui ai dit :
O Emir des croyants ! C’est toujours ainsi que tu passes tes nuits.
Certes ! Mais laisse-moi avec mes préoccupations et occupe toi des tiennes.
Je ne cherche qu’à te donner un conseil.
Puisqu’il en est ainsi, je t’informe que j’ai regardé en moi-même. J’ai constaté que j’ai pris en mains les petites et les grandes affaires de cette communauté, aussi bien les plus réjouissantes que les plus sombres. Je me suis rappelé l’absent égaré, le pauvre dans le besoin, le prisonnier perdu et les autres choses qui se produisent dans les confins du pays et aux extrémités de la terre. J’ai appris que Dieu m’a interrogé à leur sujet et que Muhammad (bd) a argumenté à leur propos. Je crains de n’avoir aucun argument à présenter à l’Envoyé de Dieu (bd). J’ai peur pour moi-même. C’est pourquoi, mes yeux s’emplissent de larmes et mon cœur rougit de honte. Chaque fois que je me souviens encore de cette situation, ma honte augmente. A présent que je t’ai informé de mon état, conseille moi si tu peux, sinon laisse moi tranquille. »
L’histoire de ‘Umar Ibn Al-Khattab, de l’Hilalienne et du mariage du fils de ‘Umar avec celle-ci :
‘Umar Ibn Al-Khattab, qu’Allah soit satisfait de lui, avait interdit durant son califat de couper le lait avec de l’eau. Une nuit, alors que ‘Umar était sortit dans la périphérie de Médine, il entendit la voix d’une femme qui dit à sa famille : « Ne vas-tu pas couper le lait alors qu’il va faire jour ?
-Comment mettrais-je de l’eau dans le lait, dit la jeune fille, alors que l’Emir des Croyants a interdit le coupage du lait ?
-Les gens le ont ! Tu n’as qu’à le faire, l’Emir des Croyants n’en saura rien !
-Si ‘Umar ne le sait pas, le Dieu de ‘Umar, Lui, le sait. Je ne saurais le faire alors qu’il me l’a interdit. »
Les paroles de la fille firent impression sur ‘Umar. Lorsque vint le jour, il appela son fils ‘Assim et lui dit : « Mon fils ! Va à tel endroit et renseigne-toi sur telle jeune fille. » [Et il la lui décrivit]
‘Assim se rendit donc à l’endroit indiqué et apprit qu’il s’agissait d’une jeune fille des Beni Hilal. ‘Umar lui dit alors : « Mon fils ! Epouse-la ! Elle est digne, en effet, d’engendrer un chevalier qui gouvernera les Arabes ! »
‘Assim se maria avec elle et elle eut de lui une fille, Umm ‘Assim. ‘Abd Al ‘Azîz Ibn Marwân épousa celle-ci qui eut de cette union ‘Umar Ibn ‘Abd Al ‘Azîz .
On rapporte qu’en se réveillant un jour, ‘Umar Ibn Al-Khattab, essuyant les traces du sommeil sur son visage dit : « Qui est donc cet homme issu de ‘Umar, ayant pour nom ‘Umar, qui aura la même conduite que ‘Umar ? » Et il répéta cela plusieurs fois.
Sa réponse au gouverneur de Bassora, à sa demande de torturer les agents convaincus de tromperie :
Il écrivit à ‘Ady Ibn ‘Arta, gouverneur de Bassora : « …Ta lettre m’est parvenue ou tu indiques qu’il y a, là ou tu te trouves, des agents dont la malhonnêteté est apparue. Tu me demandes de t’autoriser à les torturer et tu sembles ainsi penser que je suis pour toi une couverture vis-à-vis de Dieu. Lorsque cette lettre t’arrivera, tu agiras ainsi : di la preuve est établie contre eux, alors tu dois les considérer comme coupables. Sinon, fais leur prêter serment, juste après la prière d’al ‘asr, sur Dieu, nul Dieu si ce n’est Lui, qu’ils n’ont commis aucune tromperie sur les biens des musulmans. S’ils jurent, laisse-les libres. Il s’agit en effet du bien des musulmans (la tromperie portait entre autre sur des fonds publics détournés) et l’avide parmi eux n’aura gagné que l’obstination dans son serment. Et en vérité, qu’ils rencontrent Dieu avec leurs tromperies m’est plus souhaitable que je Le rencontre moi-même avec leur sang. »
L’abondance des richesses durant son Califat :
Yahya Ibn Sa’id rapporte : « ‘Umar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz m’envoya en Afrique pour percevoir la Zakat (l’aumône légale). Après sa perception, nous nous efforçâmes de chercher les pauvres pour la leur remettre. Or, nous ne trouvâmes aucun pauvre en Afrique et nous ne trouvâmes personne pour les prendre. Oui, ‘Umar Ibn ‘Abd Al-‘Azîz avait enrichi les gens ! Je finis donc par racheter des esclaves pour les affranchir, le droit de patronnât qui s’y rattachait revenant aux Musulmans. »
‘Umar et les deux Kharijites :
Deux hommes des kharijites entrèrent auprès de ‘Umar Ibn ‘Abd al-‘Aziz et s’adressèrent ainsi à lui : « Que la paix soit sur toi, ô être humain !
-Et que la paix soit sur vous deux, ô êtres humains ! répondit ‘Umar.
-L’obéissance à Dieu est le plus juste de ce que tu as suivi, poursuivirent-ils.
-Celui qui ignore cela s’est égaré, dit ‘Umar.
-Les biens ne sauraient être un monopole entre les riches.
-On les en a privés.
-Le bien de Dieu doit être distribué à ses ayants droit.
-Dieu a précisé cela dans son livre.
-On doit observer l’office à son heure.
-Cela fait partie des exigences.
-L’observance de la bonne disposition des rangs dans la prière.
-Cela fait partie de l’accomplissent de la Sunna.
-On nous a envoyés tous deux auprès de toi.
-Transmettez donc sans appréhension.
-Fais appliquer le droit parmi les gens.
-Dieu a ordonné cela avant vous deux.
-Le jugement n’appartient qu’à Dieu.
-C’est une parole de vérité si vous ne cherchez pas par elle une imposture.
-Confie les charges aux dépositaires de confiance.
-Ce sont mes assistants.
-Prends garde à la malhonnêteté.
-On se met en garde contre le voleur.
-Et le vin et la viande de porc ?
-Les tenants du polythéisme en sont les plus dignes.
-Qui adhère à l’Islam jouit de toute sécurité.
-Si ce n’était l’Islam, ils ne seraient pas en sécurité.
-Et ceux avec qui le Messager de Dieu a contracté des traités.
-Ils ont droit à leurs traités.
-Ne leur impose pas plus que leurs capacités.
-Détruis les églises.
-Elles font partie de ce qui est utile à mon peuple.
-Evoques-nous le Coran.
-« Et craignez un jour ou on vous fera revenir vers Dieu… »
-Tu nous laisses retourner chez ceux qui nous ont envoyés ?
-Je ne vous retiens pas.
-Qu’as-tu à dire à nos frères ?
-Ce que vous avez entendu.
-Permets-nous de repartir sur les montures de la poste.
-Non. Cela fait partie du bien de Dieu. Nous ne le rendrons pas licite pour vous deux.
-Nous n’avons pas de quoi subvenir à nos besoins [pendant le voyage].
- Vous êtes donc des voyageurs dans le besoin. Je prends vos dépenses à ma charge. »